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Complication – Le Chronographe

Complication – Le Chronographe

De nos jours, la fonction chronographe est sans doute la complication de montre la plus populaire et la montre chronographe a gagné une position dominante sur le marché des montres. Cette ascension est due au fait que c’est devenu un objet de mode et, par la réduction des coûts de production qui ont conduit à sa généralisation, toute compagnie horlogère qui se respecte a dans sa gamme un chronographe.

A l’origine, le chronographe est né de la nécessité de mesurer la durée d’événements relativement brefs ; par exemple, dans le domaine du sport on en eut besoin pour chronométrer les courses de chevaux ; en médecine, pour mesurer le pouls. On en eut aussi besoin pendant la guerre, dans l’artillerie et pour la vitesse des missiles. En particulier, le Rolex Oyster 3525 Chronograph a été utilisé lors d’un célèbre exploit, par le Caporal Clive Nutting, un des organisateurs de la « Grande Evasion ». Il a chronométré et, enregistré les mouvement des gardiens du camp, permettant à 76 infortunés prisonniers de s’évader en jugeant du moment opportun de leur passage dans le tunnel « Harry », le 24 mars 1944.

Chronographe – Omega Speedmaster

Plus récemment, le Omega Speedmaster ( illustré ci-dessus) a été utilisé lors de la mission Appollo pour minuter la mise à feu des fusées et aider au succès de leur retour sur terre, quand leur système de bord tomba en panne, en raisons d’un mauvais fonctionnement. Mais le plus souvent, le chronographe sert dans la vie de tous les jours comme pour tout simplement minuter la cuisson d’un oeuf a la coque !

Histoire du Chronographe

L’appellation « chronographe » remonte directement à 1776 Lorsque Jean-Moïse Pouzait inventa un appareil capable d’enregistrer le temps de vol d’un projectile. Chronographe vient du grec « chronos » qui signifie « temps » et de « graphein » qui veut dire « écrit ». En fait, les premiers chronographes écrivaient véritablement le temps sur le cadran en utilisant un petit crayon attaché à l’index. La quantité de temps écoulé était déterminée par la longueur de la marque de crayon. Cette méthode est quelque peu différente, sur le plan mécanique, de la version moderne ! si on en croit le poinçon sur sa housse de protection, le premier chronographe a vu le jour en 1815 et a été complété l’année suivante par Louis Moinet, même s’il le qualifiait de « compteur de tierces », et ce fut Nicola Mathieu Rieussec qui développa le premier appareil labellisé chronographe, en 1821. En 2011 Mont Blanc rendit un bel hommage à cet ancêtre du chronographe avec leur « Mont Blanc Rieussec Chronograph », équipé d’un seul poussoir et présentant un affichage innovant). Ce n’est que plus tard dans le XIX siècle que la complication concerna les montres de poches qui servirent à chronométrer les épreuves sportives des premiers Jeux Olympiques, en 1896. Les athlètes ne couraient plus seulement les uns contre les autres mais également contre la montre.

C’est Longines qui a, sans doute, produit la première montre bracelet chronographe en 1913 , dotée d’un seul poussoir « monopusher », et en 1936, ils créèrent également le premier « flyback » chronographe dont la particularité était de permettre instantanément le chronométrage d’une nouvelle épreuve sans avoir à arrêter, remettre à zéro et relancer le chrono des secondes. La même année, une nouvelle page de l’histoire du chronographe fut écrite, lorsque qu’à Genève on inaugura le premier chronographe doté d’un compteur horaire.

Le Premier Chronographe « Montre Bracelet » Longines (1913)

Le chronographe mécanique moderne a, généralement, deux poussoirs : le premier pour mettre en marche et arrêter, le second pour remettre l’aiguille en position départ. De nos jours, il y a deux façons de combiner la fonction chronographe à un mouvement de montre communément utilisé. Le premier, et le plus beau, parce qu’il demande une grande habileté, c’est la méthode de la colonne de roue qui se sert d’un petit barillet en forme de cylindre qui s’engrène avec les bascules qui pilotent les fonctions. La deuxième, plus commune, est une came rotative (conducteur de raquettes) qui actionne le système de chronographe , en appuyant sur les poussoirs pour actionner la fonction.

Ce fut Breitling qui, le premier, en 1923, a breveté un bouton séparé pour actionner le départ du chronographe et qui, plus tard, a introduit un autre poussoir qui permettait la remise à zéro du compteur, de façon autonome aux commandes démarrage/arrêt.

Puisque nous parlons de Breitling, on peut mentionner le Chronomat, le premier chronographe au monde, réalisé en 1940 est leur célèbre modèle Navitimer, mis sur le marché en 1952, qui est bien plus qu’une montre, c’était un véritable ordinateur ! Il avait été fabriqué avec des spécifications AOPA (Aircraft Owners and Pilots Association) et était le seul à combiner un chronographe à un ordinateur de bord. Le chronographe avait pour caractéristiques un enregistreur de 12 heures et un compteur de 30 minutes, de plus, les différentes échelles permettaient à un pilote de calculer des données telles que la consommation de carburant, la vitesse et la distance, il pouvait également être utilisé comme règle de calculs mathématiques compliqués. Le Navitimer a été conçu avec deux poussoirs assez volumineux pour pouvoir être actionnés, même en portant des gants. En 1961, ils réalisèrent une version 24 heures baptisée « Navitimer Cosmonaute ».

Chronographe – Breitling Navitimer

D’autres avancées techniques ont permis d’y ajouter la fonction sophistiquée du « split seconds chronographe », équipé de deux trotteuses, et qui est capable de mesurer deux événements commençant en même temps mais se terminant à des moments différents. Cette fonctionnalité est généralement dotée d’un troisième poussoir, sur le boitier ou à l’intérieur de la couronne.

Le chronographe automatique

En 1969 une importante évolution du chronographe fut la création d’une version automatique. Combiner un mouvement automatique avec une fonction chronographe a pris du temps à s’accomplir en raison des difficultés techniques que cela impliquait, et ce développement est en partie dû au déclin de popularité chronographes à remontage manuel. Peu d’horlogers s’impliquèrent dans cette voie. En Suisse, un grand groupe incluant entre autres Heuer, Breitling et Hamilton développa le calibre 11, ou mouvement « Chromatic », utilisé sur la Heuer Monaco, le premier chronographe avec un boitier carré.

Chronographe – Heuer Calibre 11 Movement

Le partenariat entre Zenith et Movado donna naissance à la Zenith El Primero. Avec son mouvement 36 centièmes de secondes, ce fut le premier mouvement chronographe automatique à haute fréquence, il équipa aussi la Daytona de Rolex, fabriquée de 1988 à 2000 (mais réduite à 28,800 centièmes de secondes). Les japonais prirent également part à cette compétition et Seiko réalisa son modèle 6139, appelé « Speed Timer », il était doté d’un enregistreur 30 minutes et fut produit jusqu’en 1978, où ils l’abandonnèrent en faveur de leur chronographe à quartz. Entre parenthèses, une partie de l’histoire du chronographe a été écrite par Zenith en 2012, lorsqu’ El Primero Stratos est devenue la première montre supersonique, en étant portée par Félix Baumgartner, qui fut le premier au monde à briser le mur du son en chute libre, à environ 39 kilomètres d’altitude.

Chronographe – Zenith El Primero Chronomaster

Le chronographe a présenté un intérêt majeur pour Tag Heuer, et depuis leur modèle Monaco ils ont continué à produire des modèles très avancés. Réalisé en 2005, le mouvement du calibre 360 a été la première montre chronographe au monde capable d’une précision au centième de secondes et, ils ont continué avec le Tag Heuer Mikrogirder 2000, doté d’un mouvement qui oscille de 1,000Hz, à 7,2 millions de vibrations par heure. Le chrono central tourne 20 fois par seconde et sa précision 1/2000ème à la seconde.

Chronographe – TAG Heuer Mikrogirder 2000

Au cœur de la fascination qu’exerce le chronographe, on trouve peut-être le désir subconscient des hommes de contrôler le temps, ou peut-être est-ce juste pour la précision avec laquelle le chronographe fait face à l’implacable fuite du temps. En tout cas, à affronter comme il le fait le rythme du temps qui passe, ses limites et sa finalité, on peut le considérer comme un symbole de la vie moderne.

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