Romain Jerome est une des rares maisons actuelles de l’horlogerie haut de gamme à s’autoriser une large créativité. Ce qui est très apprécié par des types comme moi, qui veulent avoir un mouvement de qualité et, en même temps, apprécier le look de leur montre. J’ai eu l’occasion de porter leur nouvelle création – Tattoo-DNA « la tombe du marin » pendant quelques jours, je vais donc vous donner une foule de renseignements pour passer en revue cette pièce.
D’abord, ma vision sur les créations de Romain Jerome est très mitigée. Alors que je ne suis pas un grand fan de la Titanic-DNA (qui s’est avérée très populaire) j’apprécie vraiment des pièces comme la « Space Invaders » et la « Moon Orbiter » tourbillon. L’une d’elles (l’Orbiter) dévoile de grands mécanismes et un concept, qui vous transportent dans un autre monde chaque fois que vous regardez le cadran, alors que l’autre est juste fun !
Maintenant, allons directement à la nouvelle création réalisée par Romain Jérôme, la RJ-Romain Jerome Tattoo-DNA. Finalement une marque de montres a décidé de faire équipe avec un véritable artiste du tatouage, pour concevoir avec lui un garde temps. En l’occurrence, il s’agit du plus grand nom de ce domaine, Mo Coppoletta, très connu pour son studio « The Family Business Tattoo », basé à Londres. L’emblème de sa maison est une ancre, qui se reflète dans le cadran de la Tattoo DNA, telle une sculpture en trois dimensions. Cet aspect est donné par un fond de mini océan en furie, éclairé de nuages sombres.
Comme ce modèle s’appelle « la tombe du marin », il y a, bien sûr, au milieu, un bateau en train de sombrer dans les eaux, que l’on peut encore apercevoir. Aussitôt que j’ai entendu le nom de ce modèle, je me suis dit « oh, non… », encore une tragédie qui inspire une montre ! Mais le design et le nom de la montre ont une plus grande signification que celle à laquelle que vous pourriez, d’abord, penser. Romain Jerome, bien qu’il crée de drôles de pièces, prend très au sérieux l’ADN des éléments avec lesquels il fabrique ces montres. Il a utilisé dans ses montres de la poussière de lune, de la poussière de cendres de volcan et de l’acier rouillé du bateau le Titanic ou encore du bronze de la Statue de la Liberté. Ainsi, pour la Tattoo-DNA s’est-il servi d’un important symbole connu par les seuls initiés, l’ancre que vous voyez sous le cadran est en fait un vieux symbole de protection pour les marins, qui se la faisaient tatouer sur les parties fragiles de leurs corps, afin d’être protégés contre le mauvais sort. (intéressante forme de superstition).
Comme Romain Jerome n’arrivait pas à se décider quant aux couleurs ou au matériau qu’il allait utiliser, ils ont créé 4 versions différentes. Il y a seulement une différence dans la tonalité de l’éclairage, soit rouge, soit jaune. Il y a néanmoins davantage de différences si vous regardez les boitiers. Deux des versions sont un mélange d’acier et de PVD noir, tandis que les deux autres sont complétement en PVD noir. Il y a aussi une différence dans le matériau utilisé pour le bracelet ; tandis que deux d’entre eux sont en cuir couleur peau, les autres sont en tissu noir. Personnellement je préfère vraiment le cuir, qui donne la sensation d’avoir le poignet nu et j’aime aussi les fermoirs rétractables qui sont plus confortables à l’usage. Il y a également une très belle décoration sur le cuir, qui affiche le logo de la Family Business Tattoo, cousu d’une manière vraiment belle.
Actuellement, toutes ces pièces ont un effet luminescent dans l’obscurité, grâce à l’utilisation de la « superluminova » verte, et le cadran semble aussi grand quand il fait sombre que pendant le jour. Bien évidemment la montre n’a pas beaucoup de complications, elle affiche simplement les heures et les minutes, mais tandis que j’ai l’habitude d’aimer les montres ayant plus de complications, il existe des gens qui apprécient davantage le look d’une montre. C’est la raison pour laquelle « la tombe du marin » est supérieure à beaucoup d’autres montres dans sa catégorie de prix. Elle est volumineuse et attire l’œil !
Les prix de l’édition limitée, Romain Jerome Tattoo DNA
Chaque version est limitée à 25 pièces, numérotées et « tatouées » sur le fond du boitier. Quoique n’affichant pas le mouvement, elle a un très bel aspect, ce n’est pas juste une pièce en acier. A $18,450 elle se positionne dans la gamme des boitiers « steampunk » et c’est vraiment une belle pièce à posséder dans sa collection pour tout fan de tatouages .
Comme cette collection a été lancée récemment c’est encore un concept à l’état brut, bien qu’exécutée avec raffinement, il y a selon moi, encore matière à la développer et à la customiser. Comme Romain Jerome démarre juste dans ce créneau Tattoo, et qu’il est actuellement le seul à le faire, il peut vraiment en tirer profit et continuer son partenariat avec Mo Coppoletta, ou un autre, pour créer de nouveaux designs et, peut-être des pièces avec plus de complications…
