Dreamchrono

Urwerk UR-CC1 et EMC – L’évolution de l’horlogerie mécanique

Urwerk UR-CC1 et EMC - L’évolution de l’horlogerie mécanique

Comme quelques-uns d’entre vous le savent, je suis un gros… disons que ce n’est pas le bon terme… je suis un ENORME fan de tout ce qui dans une phrase parle de « moderne » et de « montres ». Bien que beaucoup de nos lecteurs savent déjà ce que représente Urwerk, permettez-moi de faire une brève introduction pour ceux qui ne connaissent pas encore. C’est une marque, créée par Felix Baumgartner et Martin Frei (deux horlogers de génie qui ont travaillé ensemble sur un projet), qui a été fondée en 1997 et qui a présenté un nouveau concept et une nouvelle forme dans le monde de l’horlogerie indépendante. Aujourd’hui, Urwerk est surtout reconnu pour ses projets à grand succès comme les modèles UR103 ou le UR110, qui utilisent les heures satellite pour donner l’heure, en tournant, en même temps, sur leur propre axe et sur le cadran.

Urwerk UR103

Cependant aujourd’hui, je ne vais pas vous parler de ces modèles. Je vais vous parler de deux pièces qui ont été développées par Urwerk. Les deux ont présenté, dans le monde de l’horlogerie, deux concepts tout à fait nouveaux, et ouvrent encore la voie pour que les designers et les horlogers explorent une autre direction. Le premier d’entre eux, c’est le UR-CC1.

Urwerk UR-CC1

Vous pourriez trouver que le nom est trop compliqué et trop technique, mais actuellement, il a derrière lui une longue histoire. CC c’est l’abréviation de Cottier Cobra, car ce concept de montre fut à l’origine conçu par ce fabricant de montre talentueux.

Dans le courant du XXème siècle, Louis Cottier qui avait appelé la montre Cobra et voulait présenter la façon linéaire de lire l’heure, en avait eu l’idée en voyant les vieux tableaux de bord des voitures Américaines. Il avait vendu cette idée à l’un des plus grands noms de l’horlogerie – Patek Philippe, mais ils ne sont jamais arrivés à développer ce concept et ne l’ont pas fabriqué. Est-ce par incapacité ou pour n’avoir pas eu envie d’expérimenter cette idée ? On ne sait pas. Ce que nous savons, c’est qu’aujourd’hui Urwerk (ou plutôt en 2010) a finalement présenté son concept d’origine, rendant ainsi hommage au créateur de l’idée.

Urwerk UR-CC1

Avant que j’aille plus loin dans mes descriptions et que pour finir, je vous choque avec son prix, j’aimerais évacuer tout de suite cet aspect – la montre, ou je devrais plutôt dire, cette bête sauvage au poignet coûte aux environs de $300,000. Bon, je sais, c’est beaucoup d’argent, aussi je vais laisser de côté cet aspect et vous parler de la montre elle-même. J’ai eu un énorme plaisir à la porter pendant une semaine, et il s’est avéré qu’elle s’adaptait à mon poignet mieux que je n’aurais pu le penser. Le boitier est en or et titane et il mesure 53mm de long sur 18mm de large. Et quoiqu’au premier coup d’œil elle ressemble à une montre à affichage digital, c’est un mouvement mécanique très compliqué (d’où le prix).

Urwerk UR-CC1

Les heures sont affichées tout au fond, elles vont de 1 à 12 et ensuite, utilisant le système de saut rétrograde, elles sautent en arrière et redémarrent. Chaque heure a une ligne séparée, qui apparaît à l’extérieur du mouvement et, aussi l’indicateur de minutes, juste au-dessus. Comme pour les minutes je n’ai pas compris tout de suite comment ça marchait, mais lorsqu’ Urwerk parle de « temps linéaire », c’est à la lettre ce qu’il veut dire, tandis que les secondes sont indiquées au moyen d’un spiral qui tourne, vous avez une échelle linéaire qui vous donne l’heure précise, comme vous avez aussi l’affichage précis des secondes dans un petit guichet.

Comme seulement 25 de ces montres ont été fabriquées (et j’ai porté la 25/25), il existe également une version tout en noir et une pièce unique pour Marcus Watches, à Londres, dans laquelle les indicateurs sont rouges au lieu de verts. Tous les modèles sont automatiques et utilisent un système de remontage turbine, spécial à Urwerk, qui alimente la réserve de marche de 39 heures. Le seul truc inconfortable de cette montre, c’est actuellement sa couronne, qui est située sur le dessus du boitier ce qui nuit au bracelet si vous ne l’ajustez pas à votre poignet. Dans l’ensemble, la montre est réellement géniale et je suis vraiment surpris que depuis qu’elle a été conçue il y a presque 4 ans, personne n’ait essayé d’en créer une similaire, voire une version plus avancée de lire l’heure de façon linéaire. Bien qu’elle ait une raison de s’appeler CC1, espérons qu’Urwerk continuera cette ligne de montres.

Urwerk UR-CC1

Pendant que je suis assis, je rêve à une autre Cobra Urwerk qui vient d’être divulguée, qui s’appelle EMC. Encore un nom technique qui est l’abréviation de Electro Mechanical Control, et, quand la CC1 fut créée à l’origine par Cottier, le crédit à porter à cette pièce revient complétement à l’équipe Urwerk, qui l’a dessinée, créée et assemblée en interne, ce qui, au fait, est une première.

La montre est un mélange de mécanique et d’électronique. Le côté mécanique donne l’heure et la réserve de marche, tandis que l’électronique, que l’on peut voir au fond du boitier, n’est là que pour améliorer la précision. J’ai déjà parlé de manufactures essayant d’inventer de nouvelles façons de donner l’heure de façon plus précise, en utilisant des alternatives au tourbillon, comme l’usage de différentiels ou en améliorant les roues du balancier, mais ici, c’est quelque chose de complètement nouveau.

Urwerk EMC

L’indicateur que vous voyez en haut sur le côté gauche du cadran vous dit si la montre est précise à + ou – 20 secondes, le procédé qui permet de tester cela est activé par une énorme aiguille que vous pouvez faire démarrer et tourner sur le côté du boitier. Pour mettre à l’heure vous avez besoin d’un petit verrou situé dans le fond et cela se fait à la perfection. De cette façon, vous ne perdrez jamais la trace du temps réel.

Je voudrais rajouter que même si je ne suis pas le plus grand fan du design de ce boitier, j’aime vraiment le dessous, lequel est pour la première fois de l’histoire d’Urwerk, complètement ouvert ! Pour les dimensions, il est juste un petit peu plus petit que le CC1, avec 51mm de long sur 15,8mm de large. La montre est fabriquée en alliage titane et acier, et elle a la plus grande réserve de marche parmi toutes les montres d’Urwerk, 80 heures. Et, bien que le prix excède $100,000 c’est définitivement un « must » pour la collection de rêve d’un fan d’Urwerk !

Urwerk EMC

Exit mobile version