Dr George Daniels (19 août 1926, 21 octobre 2011) a été durant sa vie considéré comme le plus grand horloger du monde. Il a été le seul fabricant de montres qui ait été récompensé par un CBE (Clockmakers’Company) et un MBE (Membre de l’ordre de l’Empire Britannique), pour les services qu’il a rendus à l’horlogerie.
Daniels est né le 19 août 1926, à Edgware, dans le nord de Londres dans une famille de 11 enfants. Comme Clint Eastwood, quand on l’interrogeait sur son enfance, Daniels pouvait dire qu’elle avait été courte. Son père, charpentier de formation, était un alcoolique violent et la famille toujours à court d’argent. Quand George interrogeait ses parents sur sa naissance et son contexte, c’était perçu comme un abus. Plus tard, lorsqu’il a demandé un passeport, il a découvert que non seulement il était un enfant illégitime mais qu’en plus il n’avait pas de certificat de naissance.
La passion persistante de Daniels pour les montres a commencé alors qu’il n’avait que 5 ans. Un jour, par hasard il a trouvé par terre une montre bon marché. « Je me suis débrouillé pour l’ouvrir et j’ai été intrigué par son fonctionnement » se souvient-il. « C’était comme si je voyais le centre de l’univers. J’ai immédiatement su que c’était ce que je voulais faire ; je voulais passer le restant de ma vie avec des montres ».
A 14 ans, Daniels fut obligé de quitter l’école et de chercher un travail. Il a démarré sa carrière dans une usine de matelas, passant tout son temps libre à étudier ce qu’il pouvait sur les montres. Imaginons qu’il ait décidé de consacrer sa vie à concevoir des matelas, il ne fait aucun doute qu’il aurait trouvé les meilleures solutions au monde concernant la literie. Cependant, après juste une semaine de travail, il quitta cette usine de matelas pour devenir le garçon à tout faire d’un épicier. Il trouva ensuite un emploi dans un garage spécialisé dans le rechapage des pneus. Se servant de ce qu’il avait appris sur les montres, dans les livres, il commença à se faire de l’argent de poche en réparant des pendules et des montres. Il a même fait du porte à porte, demandant aux propriétaires si leur montre n’avait pas besoin d’une quelconque réparation.
Daniels a cela de pratiquement unique chez les horlogers modernes, c’est qu’il a appris tout seul tous les procédés qui entrent en jeu dans l’artisanat des montres. Cela a inclus le défi de travailler les métaux qu’on utilise pour les boitiers et les cadrans. Pour ce faire, il a dû acquérir le savoir-faire nécessaire à la fabrication des boitiers de montres et apprendre comment le mouvement fonctionnait.
Durant sa vie, Daniels a fabriqué entièrement 37 montres, et cela ne tient pas compte de ses nombreux prototypes. Plus tard, dans sa vie, il a développé, avec l’horloger Britannique Roger W. Smith dont il était le protégé, une série de 50 montres bracelet.
Les montres de Daniels sont aisément reconnaissables à leurs cadrans clairs et épurés, dans lesquels on trouve souvent des sous cadrans entrelacés à l’anneau principal. L’approche de Breguet dans le domaine de l’horlogerie a eu une grande influence sur le travail de Daniels, et, vraiment, Daniels a été considéré comme l’expert mondial du travail de Breguet. La première montre de Daniels a été vendue, en 1970, à Sam Clutton pour 2,000£, et on croit qu’il la lui a rachetée 5 ans plus tard 8,000£.
Lorsqu’en 1944, il a rejoint l’armée Britannique, ses talents de réparateur de montres lui ont permis de se faire des extras et d’obtenir, parmi ses compagnons dans l’armée, quelques bières.
Daniels s’est inscrit à des cours du soir au Northampton Institute- connu aujourd’hui sous le nom de City University, à Londres. Après sa journée de travail, il assistait à ces cours, 3 soirées par semaine. Lorsqu’en 1953 il a passé ses examens de fin d’études, ce fut la fin de sa seule période de formation formelle. Il a été accepté comme membre de L’Institut Britannique de l’Horlogerie.
Son talent a attiré l’attention de quelques grands revendeurs de montres et de collectionneurs de l’époque, parmi lesquels Sam Clutton, aussi bien respecté comme revendeur de montres que en tant que collectionneur et amateur passionné de voitures anciennes, qui a amené Daniels à s’intéresser au grand horloger Français Breguet.
Pendant toute sa carrière, Daniels a bien gagné sa vie en réparant et en restaurant des montres de chez Breguet. Dans les années 1960, après avoir visité à Paris la Maison Breguet, Daniels a très vite été considéré comme l’un des meilleurs experts au monde de Breguet. En fait, le travail de Breguet est devenu son obsession. On faisait souvent appel à lui pour vérifier l’authenticité de pièces horlogères Breguet.
L’autre passion de Daniels a été son désir de venir à bout d’un défaut de conception des traditionnelles bascules d’échappement, lesquelles avaient toujours besoin de lubrification. Des tonnes de volumes avaient été écrits sur le sujet et sur comment améliorer la lubrification de l’échappement. Cela, au fil du temps entraînait un changement de performance, au fur et à mesure que l’huile se dégradait- l’effet étant, selon les propres mots de Daniels « un peu comme si vous conduisiez en montant, avec le frein à main ».
Depuis ses débuts de carrière en tant que réparateur, Daniels avait été conscient de ces problèmes, lesquels avaient été pour les horlogers un casse-tête et les avaient laissés perplexes pendant des siècles. La solution ingénieuse de Daniels, ce fut l’échappement coaxial, un arrangement des dents d’engrenages et des bascules, d’une simplicité trompeuse, ce qui a effectivement éliminé le besoin de lubrification en réduisant de manière significative les frottements, ce qui a assuré en plus, une plus grande précision au fil du temps et a réduit le besoin d’entretien.
Lorsqu’en 1976 il a présenté cette solution aux fabricants de montres, l’ensemble de la profession est resté sceptique. Mais, dans les années 1980, un acteur important dans le domaine de la montre Suisse, le Président du groupe Swatch, Nicolas Hayek, adhéra au concept et l’adopta pour sa marque Omega. En 1999, au Basel Watch and Jewellery Fair, la Maison révéla sa première montre mécanique dotée du Coaxial de Daniels. L’événement fut tellement important qu’il fut acclamé comme une nouvelle ère dans la fabrication des montres mécaniques.
Depuis 1999 l’échappement coaxial est utilisé par Omega sur ses pièces horlogères haut de gamme.
De 1969 jusqu’au milieu des années 1990, Daniels a créé plus de 20 montres de poche d’un grand raffinement. Chacune lui a pris un an, Daniels les fabriquant lui-même à la main. Ces montres de poches sont équipées de complications, incluant un tourbillon minute repeater et calendrier perpétuel, équation du temps, phases lunaires, affichage d’un thermomètre et d’une réserve de marche. Chacune d’entre elles a été purement conçue dans l’idée d’être une avancée dans le domaine horloger, et il ne les vendait que lorsqu’il était convaincu d’avoir réussi ce qu’il avait eu l’intention de faire.
Daniels est spécialisé dans la fabrication de montres, pour initiés et collectionneurs, dotées de boitiers, cadrans et mouvements clairement reconnaissables comme étant de lui et qui sont dotées d’inhabituels designs qui ajoutent à leur attrait. Il n’a pas fallu longtemps pour quelques passionnés l’approchent pour son savoir-faire horloger dans le domaine des montres, chacun d’entre eux cherchant à mettre la main sur des pièces collectors, qui ont atteint des prix dépassant les 100,000£.
Pour célébrer ses 80 ans, en 2006, Sotheby’s et Bobinet (un vendeur de montres vintage) ont organisé une exposition rétrospective de toutes les montres que Daniels a faites, toutes sauf celle qui est exposée au British Museum.
Daniels est incontestablement l’horloger Britannique le plus important de ces 250 dernières années. Il se classe tout en haut, parmi les plus grands horlogers Britanniques de tous les temps : Thomas Tompion, Thomas Mudge, John Arnold, George Graham, Thomas Earnshaw et John Harrison. Ensemble, ils forment un super groupe, tous issus des Iles Britanniques.
Daniels n’était pas seulement un talentueux artisan qui a fabriqué quelques- unes des montres les plus raffinées au monde, il était aussi un expert et un connaisseur en voitures anciennes et le monde des voitures d’époque lui témoignait un immense respect.
Les montres notable de George Daniels
Des exemples de pièces entièrement fabriquées par Daniels pendant soixante ans démontrent son talent d’horloger et d’inventeur. Cela va d’un chronomètre marin qui était la première tentative horlogère en 1953, aux fameuses montres de poches et aux montres bracelet de ces dernières années, incluant des tourbillons, les deux- un Four-minute, des chronographes, des équations du temps et repeater, et la série Millennium, lancée pour la première fois en 1998, afin de célébrer l’approbation de l’échappement coaxial de Daniels par l’industrie de la montre Suisse, et elles ont été fabriquées en utilisant le premier mouvement doté de l’échappement Coaxial de Daniels qui avait réussi à la ligne Omega.
Chez les connaisseurs de monde entier, une pièce horlogère de George Daniels est considérée comme de grande valeur. Ses pièces sont donc devenues des articles extrêmement précieux et rares. A la mort de Daniels, beaucoup d’entre elles ont été vendues aux enchères. Ce fut la plus importante vente de montres aux enchères de ces dernières décennies.
