Dans 99% des cas les marques communiquent sur l’idée que leurs pièces ont atteint « le summum » en termes de finitions et de précision. C’est devenu un standard de communication, malheureusement, c’est comme pour le terme de « manufactures » qui est souvent utilisé pour qualifier des marques de base, ayant juste une certification ETA (European Technical Approval). Cependant, il existe une autorité qui peut témoigner que ces marques ont atteint un certain niveau de savoir-faire. Elle s’appelle Timelab (Laboratoire d’Horlogerie et de Microtechnique de Genève), et son cachet s’appelle le Poinçon de Genève. C’est un poinçon officiel, supervisé par la Confédération Suisse.
Le Poinçon de Genève : la compétition
Mais le Poinçon de Genève n’est pas le seul cachet dans le monde des montres. Quelques-uns d’entre vous connaissent le poinçon de Patek Philippe. Même si la marque est bien sur le Canton de Genève, et donc éligible au Poinçon de Genève, la famille Stern qui possède la marque a décidé d’avoir son propre poinçon. D’autres poinçons existent, comme le célèbre COSC (Contrôle Officiel Suisse des Chronomètres) qui est la certification des chronomètres. Enfin et surtout, le FQF Label Fondation Qualité Fleurier, qui certifie des marques comme Parmigiani, Chopard ou Fleurier.
Le Poinçon de Genève : un nouveau site web dédié
Tous ces poinçons sont faits pour maintenir un haut niveau de précision et de finitions.
Pourtant, à ses débuts, le Poinçon de Genève a seulement été inventé pour combattre les contrefaçons. De nos jours, il inclut des critères de précision et de fiabilité. Et Timelab, établi depuis 1886, doit défendre son autorité. C’est la raison pour laquelle un nouveau site web a vu le jour cette semaine. Son but : expliquer à tout le monde le Poinçon de Genève, et pourquoi les clients devraient évidemment l’exiger.
Eh bien, s’ils en ont la possibilité, c’est loin d’être le cas, et les marques qui le respectent sont peu nombreuses. Vacheron Constantin est le plus fameux. Roger Dupuis étant l’autre. Mais ils ne sont pas ce qu’on a l’habitude d’appeler des marques de masse !
Le Poinçon de Genève : garder vivante l’expertise Genevoise
Depuis qu’il a été revu, le poinçon de Genève examine 3 domaines différents : la provenance, l’expertise dans les métiers d’art et, la fiabilité. A l’origine, ce poinçon a été proposé le 6 novembre 1886 par le Gouvernement de Genève. Cette législation visant à tester les montres, n’a pas fait de demi-mesures !
D’abord, cela a impliqué la mise en place d’un bureau d’inspection dédié aux montres fabriquées en Suisse. Ce bureau était chargé d’apposer le tampon officiel de la Confédération sur les montres qui leur étaient soumises par des fabricants de Genève. Plus important encore, les horlogers qui se soumettaient à ce poinçon devaient résider à Genève. Et cela parce que beaucoup trop d’entre eux étaient partis s’installer à l’étranger et qu’il fallait que la région garde la maîtrise de cette expertise. Le Poinçon a ensuite été apposé sur une partie du mouvement (sur la platine ou le pont) ce qui était aussi visible que possible.
Le poinçon de Genève : tout est question de finition
La finition est un des aspects clé du Poinçon. Pour l’obtenir, la marque doit obligatoirement suivre les instructions suivantes :
- Des chanfreins polis
- Des côtés droits et grenés
- Des creusures perlées ou terminées de telle sorte à supprimer toutes les marques de fabrication
- Des appuis de ponts adoucis
- Des biseaux dans les trous et les creusures
- Des moulures polies pour les trous prévus pour les rubis
- Le dessus des ponts doit avoir une finition Côte de Genève ou tout autre décor qui élimine les marques de fabrication
- Le Poinçon de Genève : le calibre de référence
Côté calibre, on inspecte les domaines suivants : les fonctions, l’étanchéité, la précision et la réserve de marche.
Le test sur la précision est intéressant : les mesures sont prises le jour 0 et le 7ème, en utilisant un système de comparaison visuel spécialement élaboré pour ce test. Ces mesures, prises le jour 0 et le jour 7 sont comparées à un temps de référence. Après 7 jours, la montre ne doit pas avoir varié de plus d’une minute !
Credits Photos: @ TimeLab
