TAG Heuer et leur Calibre 36, pour quelques chronographes puissants, forment un étrange tandem. Ce mariage ironique non seulement identifie les chronographes haut de gamme de TAG Heuer, mais il crée aussi une montre de collection avec une histoire. En fouillant dans les chroniques de l’horlogerie, nous découvrons une compétition acharnée qui a engendré innovation, et en 1969, quand TAG Heuer, grâce à une étroite collaboration, a révélé le chronographe automatique, le mouvement Calibre 11, la compétition s’est terminée au coude à coude, lors de la photo finish. Revenons au présent, nous constatons qu’en 2013, TAG Heuer offre la Carrera 36 et la Monaco Twenty Four 36 : deux montres dont la valeur future est liée au passé.
La Monaco Twenty Four 36 de 2013 est un chronomètre certifié COSC, avec un chiffre 24 surdimensionné, situé à 12 heures, en l’honneur des 24 heures du Mans. Même si la Monaco d’origine se voulait une montre artistique, qu’un architecte aurait pu porter, ce fut le fait que Steeve Mc Queen l’a portée dans le film Le Mans, qui en a fait à jamais la montre symbole de course automobile. La montre a un cadran bleu vif, et ce cadran azur, avec la forme carrée du boitier, fait que la Monaco est instantanément reconnaissable, mais ce nouveau modèle arbore un bleu cobalt traditionnel, ou, comme sur la photo, un cadran noir.
Depuis 2010, quand est arrivée la première Monaco Calibre 36, chaque année un modèle complètement re designé est lancé. Ce genre d’attention renforce l’identité de la Monaco Calibre 36 comme leur modèle de premier plan. Ce qui fait que ces montres sont visuellement impressionnantes c’est « le système d’Absorption Dynamique Avancé », qui protège le mouvement contre les chocs et le suspend dans le boitier. Dessous, le rotor est en forme de volant. Sur le modèle noir, Les aiguilles rhodiées se détachent sur le cadran noir.
Le top modèle Carrera est la Carrera 36, disponible en titane ou en acier. Le style du cadran, avec deux bandes verticales, s’inspire des chronomètres vintage de la marque comme on le voit sur le large tour des heures qui souligne les secondes du chronographe. Ce qui fait que cette montre est vraiment spéciale, c’est la fonction flyback. Normalement un chronographe a besoin d’un stop, d’un reset et d’un redémarrage, mais la fonction flyback permet un reset et un re démarrage sans avoir besoin d’arrêter la montre. Les pilotes utilisent la fonction flyback pour naviguer et les chronométreurs peuvent s’en servir immédiatement pour chronométrer un nouveau tour de piste. C’est le premier chronographe avec fonction flyback à être commercialement produit par TAG Heuer, ce qui en fait encore davantage une pièce de collection.
Le Calibre 36 c’est une montre TAG Heuer en plusieurs couches. Les premiers modèles Carrera utilisaient le fiable Valjoux 7750. Avec l’arrivée d’un chronographe automatique, Valjoux a amélioré l’idée pour une production en masse, en introduisant une cam et un système de bascule au lieu d’une roue à colonnes. Ces améliorations ont réduit les coûts de production et accru la fiabilité. Une montre de tous les jours pour chaque homme. Pour la ré- édition de l’Autavia, la Monaco et La Monza, un module chrono ETA 2892 plus de Dubois-Depraz a bien rempli son rôle, suivi par l’ETA 2894. L’utilisation de ces mouvements phares signifie que TAG Heuer délivre des chronographes solides et fiables, mais rien d’extraordinaire. Ces montres sont nombreuses pour être collectionnées, mais les tendances en matière de collections récompensent le contraire – la rareté. Un chronographe Calibre 36 a son propre statut et sa propre rareté extraordinaire.
Les choses ont changé depuis l’époque du Valjoux 7750. TAG Heuer a récemment doublé la capacité à manufacturer des mouvements de leur usine existante de La Chaux-de-Fonds en construisant un nouveau site à Chevenez (dans le Jura) afin de fabriquer, finir et assembler les composants clé. TAG Heuer veut être le plus grand fabricant au monde à manufacturer des chronographes automatiques manufacture, et leur premier mouvement manufacture, le Calibre 1887, est arrivé en 2009, suivi cette année du Calibre 1969.
Ces mouvements ont tous une roue à colonnes, le Calibre 1969 est le seul à utiliser un embrayage vertical à la place du pignon oscillant breveté du Calibre 1887. Ce sont d’impressionnants mouvements et ils propulsent TAG Heuer à un niveau où ils sont proches d’atteindre leur but d’être le plus grand fournisseur, mais pour autant que ces mouvements soient exceptionnels, ils continuent de battre à une fréquence de 4Hz. Aujourd’hui, il y a un grand choix de mouvements chronographe TAG Heuer. Quand il s’agit de prendre en considération la performance et la valeur (présente et future), le Calibre 36 prévaut.
La performance du Calibre 36 est légendaire. Le calibre 36 est un Zenith El Primero, rebaptisé par TAG Heuer, pour leur usage. Le conglomérat LVMH possède TAG Heuer et Zenith, constituant ainsi une plate-forme de pollinisation possible. Ce qui fait du El Primero/Calibre 36 un mouvement spécial, c’est sa haute fréquence de 5 Hz, qui permet une précision à un dixième de seconde, la même fraction utilisée pour chronométrer la plupart des courses automobiles. Même à cette haute fréquence, le Calibre 36 offre une réserve de marche d’à peu près 50 heures. Pour une société qui se vante de ses relations avec le monde de la course automobile, elle a maintenant sous le capot une sérieuse fréquence. Qui aurait jamais imaginé un mouvement El Primero dans une montre TAG Heuer ? Non que cette association soit une mauvaise idée, en fait c’est une grande idée, mais du point de vue de l’histoire, cela semble bizarrement incongru- et merveilleux aussi.
Le mouvement El Primero de Zenith est le rival historique du Calibre 11, dans la course au chronographe automatique. A l’époque, Zenith et TAG Heuer étaient des rivaux acharnés, se battant pour mettre sur le marché le premier chronographe automatique. TAG Heuer, ensuite seulement Heuer, en partenariat avec Breitling, Buren (racheté plus tard par Hamilton), et Dubois-Depraz. Zenith, qui était connu comme étant un remarquable mouvement, s’est opposé à Heuer (comme le fit Seiko). Qui serait le premier ? Heuer n’avait pas l’intention de se contenter d’une deuxième place. Cette bataille fut si féroce, la rivalité si passionnée, que le vrai gagnant est encore une source de controverses. L’idée des horlogers de Zenith et Heuer, en 1969, de partager leur technologie, encore moins un café, était un anathème, aussi ce changement moderne de l’histoire, fournit une unique, même si elle sardonique, occasion de collectionner.
L’an passé, TAG Heuer a réalisé la dernière version de la Monza Calibre 36, et maintenant la Monza est retirée de leurs offres, devenant une nouvelle pièce vintage, prête à être collectionnée. La Monza Calibre 36 a été réalisée pour la première fois en 2000, et avec un boitier coussin et une couronne distinctive, elle nous ramène à quelques-uns des premiers chronographes des années 1930, dont elle s’inspire. Ce qu’il y a à l’intérieur, un calibre Zenith El Primero ou un Calibre 36, est une source de valeur inépuisable. Combinez l’histoire de compétition entre Zenith et TAG Heuer avec l’excellente performance du mouvement El Primero, et vous avez une pièce de collection avec un étrange pedigree.
D’ironique à iconique, les chronographes TAG flyback et la Monaco Twenty Four 36 sont disponibles sans qu’il soit besoin de chercher des forums ou de les chercher dans les arrières boutiques. Il existe beaucoup d’excellents choix de chronographes de chez TAG Heuer ; les nouveaux mouvements manufacture sont exceptionnels, mais le TAG Heuer Calibre 36 ajoute du sérieux à la marque et la porte au sommet quel que soit le modèle. Finis les jours où Zenith et Heuer étaient en compétition, remplacés par la synergie du groupe LVMH, qui génère quelques montres ciblées. Si un collectionneur envisage l’appréciation future ou si un acheteur cherche la qualité qui donne de la valeur, les chronographes TAG Heuer Calibre 36 ne sont pas simplement impressionnants… Ce sont les meilleurs.
