Cet article est une traduction en Francais proposée par Danièle Brabant, pour decouvrir l'article original en anglais de Ken Kessler nous vous invitons à cliquer sur le lien suivant
Pour être tout à fait transparent j’ai connu pendant assez longtemps Peter Roberts pour le considérer comme l’un de mes plus proches amis. Même nos femmes sont amies, une franche camaraderie comme il peut en exister. Aussi, serai-je être assez objectif pour parler de sa Concentric Grand Complication 5 ? Probablement pas. Mais, vous non plus si vous aimez l’innovation, les chronographes, le sublime savoir-faire, la rareté ou n’importe quoi d’autre qui fait qu’une montre-bracelet est vraiment spéciale.
Depuis des décennies, Roberts est connu dans tout le sud de l’Angleterre, par tous les passionnés de montres, pour son habileté à récupérer et restaurer des montres rares, dotées de complications. Ce qui a fait de lui une légende, c’est la montre qu’il a fabriquée à la fin de ses études – ce qui correspond dans le domaine de l’horlogerie à une thèse, en Master.
Cela a démarré lorsque Roberts est devenu le premier étudiant britannique à suivre les cours du Watches Of Switzerland Technical And Educational Program (WOSTEP). Peut-être à cause de son statut de seul britannique du WOSTEP, Roberts, avec l’excès de confiance de la jeunesse, choisit comme projet de fin d’études de fabriquer une montre qu’il avait vue dans un texte parlant des chronographes.
Peter Roberts Concentrique – le projet original (1971-1972)
Intitulé « Les Principaux Types de Chronographes Expliqués Par Leurs Cadrans« , publié par la Fédération Horlogère (FH), ce livre comportait des dessins de chaque configuration, le dernier d’entre eux, montrant une montre ayant cinq aiguilles, au milieu. Son professeur lui dit que c’était purement théorique et qu’à sa connaissance, aucune montre n’avait été fabriquée avec plus de quatre aiguilles.
Nullement découragé, il utilisa, comme base de sa création, un mouvement Valjoux 726, un des plus fins chronographes à mouvement manuel qui ait été jamais fabriqué. Aux complications de ce chronographe, il ajouta un compteur 30 minutes et un compteur 12 heures, il rajouta aux trois aiguilles heures, minutes et trotteuse, deux autres aiguilles, l’une pour la date, l’autre pour marquer le déroulement d’une période de 24 heures. Il l’équipa de couronnes vissées sur le bobinier et les deux poussoirs, avec un verre minéral dans le fond, ce qui était rare en 1972. Tout cela fut logé dans un boitier spécialement fabriqué par Roberts, d’un cadran fait sur mesure et d’un bezel avec deux rangées de chiffres, afin de pouvoir y adapter la date et l’échelle des 24 H.
Entre temps, Roberts garda et arbora sa Montre WOSTEP, surnommée la Concentrique, cible d’envie pour n’importe quel amoureux de montres ayant la chance de l’examiner. Ses amis et collègues l’implorèrent souvent de la mettre en production, mais le problème, c’était l’utilisation d’un mouvement obsolète.
Ce qui a offert à cette montre son statut mythique, c’est de savoir que le nombre d’aiguilles du chronographe de Roberts avait seulement été égalé commercialement, par la Maurice Lacroix Cinq Aiguilles, à la fin du siècle, ainsi que par les rares et onéreuses montres astronomiques d’Ulysse Nardin. Pour beaucoup, c’est de loin la plus impressionnante et enviable réussite, que beaucoup d’autres montres à complications hautement réputées.
Dans sa carrière Roberts a occupé de 1972 à 1975, le poste d’Horloger Officiel chez Rolex England, responsable à la fois des ateliers de réparations chez Garrard Joaillers de la Couronne et des Montres Suisses à Londres, et pendant 13 ans il fut professeur d’université au Hackney College, où il forma une nouvelle génération d’horlogers, parmi lesquels les actuelles superstars que sont Peter Speake-Marin, Stephen Forsey et Simon Michlmayr.
Après un passage en tant que directeur Horloger chez Dent et Bremont, Peter finit par ralentir la pression pour produire une version commerciale de sa montre à cinq aiguilles. Si Roberts devait produire la montre, l’original serait pour son fils James, lui aussi horloger, il devait accomplir ce premier effort.
En 2012, Peter eu la chance de rencontrer par hasard un vétéran de l’industrie ayant un énorme stock de « stock ancien jamais utilisé ». Il fournit à Roberts un nombre suffisant de mouvements Valjoux pour lui permettre de fabriquer 40 exemplaires, pour célébrer la 40 ème anniversaire de la montre, plus quatre autres en or rose plutôt qu’en acier inoxydable. C’est ainsi que les montres Peter Roberts sont nées.
Au design d’origine on a ajouté une phase de lune, un look plus raffiné et, comme il le dit lui-même « 45 ans d’expérience horlogère ». Le nouveau modèle est incontestablement un descendant de la WOSTEP d’origine, mais contrairement à l’original, les passionnés de montres peuvent actuellement en acheter une. Le prix et de 18,000£ pour la version en acier inoxydable, alors que la version en or rose se vend 28,000£.
En plus de démonter et repolir chaque mouvement, Peter a créé de nouveaux raffinements. Son coq de balancier « sablier » est un coq de balancier unique conçu et fabriqué par Peter, inspiré d’une forme féminine (Sablier, hourglass en anglais). Ce design du coq de balancier a été d’abord utilisé sur la montre Concentrique WOSTEP d’origine de Peter et il est maintenant fait main sur le nouveau modèle Concentrique.
Peter a également développé pour cette Concentrique un nouveau mécanisme de lunette, le « Zone Lock », ayant conçu un clic d’arrêt de lunette pour les montres « MB » de Bremont’s Martin Baker. Cette lunette est fabriquée avec précision et fonctionne sur un roulement à billes en céramique qui ferme la zone des 24 heures. C’est un plaisir tactile d’utilisation et on peut l’utiliser au seul feeling. La lunette est en bronze de béryllium spécial qui confère à la montre une couleur unique.
A ce design, Roberts a ajouté un bracelet en cuir dans les goûts actuels, une « Anglitude » qui rappelle les chaussures raffinées et les selles fabriquées par les artisans Britanniques. C’est normal, car Roberts a vraiment une forme d’excentricité Britannique. Il est fasciné tour tous types d’appareils mécaniques. Il ne semble pas qu’il puisse se départir d’une légère façon d’être professorale ; c’est une question qui invariablement inspire les conversations à son sujet et qui fait de ce sujet tout une histoire. Malgré la supériorité de son savoir, il n’a jamais une trace d’arrogance ou une attitude distante.
Il trouve parfois le temps de s’adonner à des passions autres que celle des montres : ainsi utilise-t-il pour ses transports quotidiens une Lancia Fulvia 1976, écoute seulement des disques vinyle et des cassettes à bobines sur une Hi-Fi avec un amplificateur a lampes, et ne jure que par son Leica M6 en 35 mmm. Le reste du temps ? Eh bien il le passe en faisant ses merveilleux Chronographes Grand Complication, enfin en production.













