Cet article est une traduction en Francais proposée par Danièle Brabant, pour decouvrir l'article original en anglais de James Lamdin nous vous invitons à cliquer sur le lien suivant
Tous les passionnés de montres aiment les légendes sur les montres. Comme pour les revendeurs de chronomètres à la technologie obsolète, c’est tout simplement dans notre nature d’accorder de la valeur à l’histoire de nos précieuses montres mécaniques et à la qualité du métier d’art qu’elles recèlent. C’est pour cette raison que les exploits humains en matière d’endurance, pour lesquelles nos montres ont été faites et ont su résister, ont autant de signification pour nous (même si elles ne sont pas spécifiquement à nous, et qu’il ne s’agit pas de nos exploits personnels en la matière).
Bien sûr, les exploits nautiques ne sont pas les seuls à captiver les passionnés de montres ; il y a aussi le ciel et les étoiles. L’aviation et la conquête spatiale nous ont longtemps fait rêver, et encore aujourd’hui, à l’ère des vols nationaux réguliers, des drones automatiques, des avions de chasse supersoniques et au moment imminent des vols commerciaux dans l’espace, l’ascension de l’humanité vers le ciel continue de captiver notre imagination. Bien sûr depuis la dernière Guerre Mondiale, les montres ont été conçues pour aider les hommes à réaliser ces exploits, et les collectionneurs ont soif de modèles réalisés dans ce but et ayant un lien authentique avec l’histoire de l’aviation.
Parmi ces montres, les collectionneurs aiment la Rolex GMT Masters, la Breitling Cosmonautes et l’Omega Speedmasters, il y a aussi le Sinn 140 qu’ils recherchent parce qu’il fut le premier chronographe automatique connu pour être allé dans l’espace au poignet de l’Astronaute Allemand Reinhard Furrer, pendant la mission spatiale Spacelab D1 en 1985. A ce jour, Sinn est reconnu pour être le premier chronographe utilisé dans l’espace, et il jouit d’une grande popularité et de la fidélité des collectionneurs, pour cette réussite.
Il est intéressant de savoir que plus de vingt ans après la mission Spacelab D1, on a appris qu’en fait, Sinn n’était pas le premier chronographe à être allé dans l’espace- cet honneur revient à un modèle Seiko, produit dans les années 70, en masse et bon marché. Cette découverte est survenue en 2007, lorsqu’un passionné de montres, aux yeux de lynx découvrit un 6139-6002, au poignet du Colonel Pogue, un astronaute de la NASA, lors de la mission Skylab 4. Après investigations et correspondances avec l’astronaute à la retraite, ses suspicions furent confirmées, changeant à jamais l’histoire d’une montre dans le programme spatial.
En 1973, dans ses effets personnels, le Colonel Pogue emporta à bord de Skylab 4, son Seiko Automatic Chronograph. Il l’avait acheté au magasin de l’armée à Ellington Air Force Base, et bien que la montre n’ait pas été approuvée par la Nasa, il fut autorisé à l’emporter dans sa mission.
Skylab 4 était un vol spatial habité par Pogue, et deux astronautes, Gerald Carr et Edward Gibson, c’était la troisième et dernière mission depuis la première station spatiale des Etats Unis. Pendant les 84 jours de vol les astronautes accomplirent des expériences relatives à l’endurance humaine, en apesanteur, ils firent des observations de la Terre, du soleil et de la Comète Kohoutek. Même si cette mission s’avéra être un succès, la mission Skylab fut abandonnée car le projet de la NASA de navette spatiale était en cours de réalisation.
Quoique le 6139 n’ait jamais été formellement approuvé pour cette mission, Pogue a déclaré qu’il avait parfaitement fonctionné pendant tout le temps passé dans l’espace. Bien qu’il n’ait jamais fait un pas sur la lune avec sa Seiko au poignet (il a utilisé pour cette tâche, le Speedmaster Professional approuvé par la NASA), il s’est quand même servi de sa Seiko pour chronométrer le fonctionnement du moteur. Selon ses dires, il s’était entraîné avec sa Seiko, pendant six mois avant le lancement de la mission, puisqu’on ne lui avait pas imposé d’utiliser le Speedmaster jusqu’à ce que démarre la mission, et qu’il s’était habitué à sa Seiko, c’est pour cela qu’il l’emporta à bord sans avoir demandé une approbation officielle de la NASA.
Techniquement parlant, la Seiko 6139-6002 est une montre toute simple, et c’est la première tentative de Seiko dans la fabrication de masse de modèles de chronographes automatiques. La montre est pourvue d’un compteur 30mm, logé dans un guichet à 6 h, avec un indicateur de jour et de date à 3 heures, elle n’a pas d’autres compteurs ni la fonction petites secondes. En particulier, le 6139-6002 est équipé d’une échelle tachymètre située autour de la lunette et qui fonctionne via la couronne. La gamme 6139 a été présentée sous différentes formes de boitiers et avec divers cadrans, mais la version cadran jaune que vous voyez ici est devenue une icône.
La découverte de la « Pogue Connection » suscita, en 2007, une frénésie d’achat parmi les collectionneurs et la valeur du 6139 doubla en une nuit. Le Colonel Pogue décida de vendre sa montre personnelle aux enchères en 2008, elle fut adjugée à un peu moins de 6000 Dollars (tout le produit de cette vente est allé à l’Astronaut Scholarship Foundation).
De nos jours, les valeurs « standard » du 6139s sont toujours l’une des meilleures du marché quand il s’agit de chronographes vintage. Vu leur production massive, on peut trouver des modèles décents pour 400-500 Dollars. Par exemple, les pièces de rechange sont faciles à trouver pour moitié moins. Malgré tout, un 6139 est une entrée abordable pour un collectionneur débutant, et les montres ont une authentique relation (quoiqu’officieuse) avec le Programme Spatial.















