Salon QP 2013: deux approches alternatives pour améliorer la précision

SalonQP 2013: deux approches alternatives pour améliorer la précision


par Angus Davies

Cet article est une traduction en Francais proposée par , pour decouvrir l'article original en anglais de Angus Davies nous vous invitons à cliquer sur le lien suivant

La semaine dernière j’ai assisté à Londres au show dédié à l’horlogerie, Le SlonQP 2013. Il était plein de journalistes, de revendeurs et de collectionneurs de montres qui pouvaient voir en gros plan quelques-unes des toutes dernières pièces qui attirent les acheteurs potentiels.

SalonQP 2013 - The Fine Watch Exhibition

L’exposition offrait une grande diversité de montres allant d’une gamme accessible jusqu’à d’autres financièrement inaccessibles. Parmi les exposants, on trouvait quelques filiales des « trois grands » groupes, LVMH, Richemont et Swatch et aussi quelques petites marques indépendantes, avec leurs talentueux artisans horlogers qui parlaient librement avec les fans de montres qui assistaient au show.

Il y avait beaucoup à voir, avec un savoir-faire horloger haut de gamme s’illustrant dans des finitions sans compromis, et les Métiers d’Art étaient merveilleusement représentés par des marques telles Vacheron Constantin et Julien Coudray.

Selon une idée fausse largement répandue le savoir-faire horloger n’aurait pas changé au cours des années. Pourtant cela est loin de la vérité. Et vraiment, de la même façon qu’un modèle Ford T n’a que peu de similitudes avec une voiture actuelle, on peut dire la même chose au sujet des montres bracelets modernes. Nous avons donc vu de nouvelles technologies utilisées dans la fabrication des montres, des nouveaux matériaux et un langage design innovant.

L’un des aspects intéressants du SalonQP c’est l’implacable propension à améliorer la précision, et c’est ce que nous montre cette manifestation, en particulier, avec deux approches différentes adoptées par Andreas Strehler et Hoptroff.

SalonQP 2013 : Andreas Strehler Sauterelle

Andreas Strehler est un fabriquant de montres de renommée mondiale. Cette année Andreas Strehler a remporté le prestigieux prix Gaïa, dans la catégorie Artisanat-Création. Il s’était largement impliqué pour aider de grandes marques à mettre sur le marché quelques-uns de leurs fleurons. Strehler a travaillé pour H. Moser & Cie, Chronoswiss, Maurice Lacroix et Maitre du Temps, pour n’en citer que quelques-uns.

Andreas a également fabriqué pour ses propres clients des pièces horlogères exclusives et en éditions très limitées, et ces montres portent son nom. Le dernier modèle, Sauterelle, du nom français d’une petite bête qui saute, s’y réfère dans le mécanisme de saut du satellite de ce modèle qui est doté d’un remontoir d’égalité.

Andreas Strehler - Sauterelle

Andreas Strehler – Sauterelle

Le problème, avec beaucoup de montres c’est que, lorsque le ressort principal est remonté à fond, il transmet trop d’énergie à l’échappement, tandis que lorsqu’il est presque à plat, il produit une énergie insuffisante. Il en résulte une variation dans l’amplitude qui nuit à la précision de la montre.

En équipant son système de remontage manuel d’une roue satellite, le mouvement de la Sauterelle est capable d’impulser à l’échappement la proportion d’énergie dont elle a besoin, avec des doses précises. Cela est réalisé grâce à la roue du satellite qui est chargée par le ressort et ensuite transfère cette énergie avec une pulsation précise toutes les secondes. Cette constante amplitude confère ainsi une meilleure exactitude.

Andreas Strehler - Sauterelle

Andreas Strehler – Sauterelle

La Sauterelle est équipée d’une aiguille pour les heures et d’une autre pour les minutes, ainsi que des secondes mortes. Cependant, au-delà de l’incroyable prouesse technique de cette montre, il ne saurait être question de négliger l’incroyable savoir-faire horloger. Le raffinement avec lequel le mouvement est ouvragé est un hommage de Strehler à ceux qui savent apprécier le talent et le fini main.

Admirant le mouvement, grâce au fond du boitier en verre saphir, on ne manquera pas d’être impressionné par les ponts biseautés faits main, habilement décorés d’un motif Côte de Genève. La paire de barillet est aisément visible et le spiral en forme d’escargot, qui attestent de la qualité de la finition. Strehler satisfait notre œil en nous donnant à voir clairement son mouvement, et ses nombreux composants largement révélés sont d’un effet enchanteur.

SalonQP 2013 : Hoptroff N° 10 – le régulateur de vitesse

Je limite souvent mes propos aux montres mécaniques. La vue d’une roue de balance qui oscille et les pulsations d’un spiral suscitent toujours chez moi un petite sourire. Cependant, sur ce sujet précis, je sens qu’il est justifié de parler d’une montre qui n’a pas d’échappement.

Richard Hoptroff est, à Londres, un nouveau venu dans le métier. Il a lancé sa marque au SalonQP 2013, avec 4 modèles. Trois d’entre eux sont dotés de mouvements à quartz et de la technologie Bluetooth. Néanmoins, ce fut son modèle N°10 qui m’a le plus intrigué quand je l’ai vu. C’est la première montre atomique de poche.

Hoptroff n.10 Atomic

Hoptroff n.10 Atomic

J’ai visité l’atelier de Richard en début d’année et j’ai été ébahi d’entendre ses projets. Un progiciel Symmetricon de physique atomique, au cœur d’un monstre de 82mm de diamètre et 25 de hauteur.

A l’origine développé en collaboration avec le Département Américain de la Défense, ce progiciel de physique atomique a été utilisé sur des missiles de croisière et surnommés véhicules aériens, afin de procurer des aides à la navigation, même dans des lieux où des GPS radio sont brouillés par l’utilisation de nombreux autres appareils.

Hoptroff n.10 Atomic

Hoptroff n.10 Atomic

En l’occurrence, le cœur atomique de cette pièce lui confère un niveau de précision sans précédent. On dit que le modèle N° 10 ne perd/ou ne gagne que 1,5 seconde tous les mille ans. Le dessus du cadran est équipé de 28 fonctions, incluant, le temps sidéral, la longitude, la latitude, l’âge lunaire, les hauteurs locales des marées, l’humidité et la température.

Hoptroff était vraiment désireux de montrer son modèle N°10 au SalonQP 2013, bien qu’encore il n’ait pas de deuxième cadran sur l’arrière de son modèle N°10, qui ne sera complété qu’en 2014. La montre dévoilée lors de cet événement n’avait pas de fond de boitier, laissant le cœur de la montre exposé, avec la couleur argent de son matériau Symmetricon.

Hoptroff n.10 Atomic

Hoptroff n.10 Atomic

Le deuxième cadran prévu sera doté de 20 fonctions supplémentaires, une fois qu’il sera disponible. Vraiment, ça parait difficile d’admettre qu’une pièce horlogère ait autant de fonctions, cependant, en se basant sur la continuelle innovation vue dans la fabrication des montres ces dernières années, il pourrait s’avérer en fin de compte qu’il soit erroné de penser cela.

Une chose est sûre, aucune montre mécanique ne pourra rivaliser avec la précision de la montre de poche N°10.

SalonQP 2013 : dernières remarques

L’attrait pour l’horlogerie, à notre époque c’est le charme. La précision, quoiqu’elle soit importante n’est pas la seule raison qui fasse acheter. Beaucoup de gens vont choisir une montre en fonction de leur attrait esthétique, ou de leur quête du perfectionnisme, exécutée par leurs talentueux créateurs.

Il n’en demeure pas moins, que chercher à améliorer la précision devrait être applaudi. Andreas Strehler et Richard Hoptroff ont évidemment réussi dans leur désir d’atteindre ce but. Bien que les deux aient adopté des approches différentes, ils ont clairement fait la démonstration de leur innovante prouesse et, nous l’espérons, continueront de créer des inventives idées de génie, pendant encore de nombreuses années.

Bio de l'auteur

Articles par Angus Davies

Contributeur

Angus Davies est un invétéré mordu de l’horlogerie. C’est cette passion pour les montres qui l’a conduit à lancer son propre site web, ESCAPEMENT, en 2011. Maintenant, il écrit régulièrement des articles pour d’autres sites web et aussi pour des magazines, dans son pays d’origine, la Grande Bretagne, dans les principaux pays européens et aux Etats Unis. Ainsi écrit-il dans des revues telles que le Great Magazine, iW Magazine, Deluxe Swiss Made.